Le bobinage textile et le cannetage : mise en forme du fil

Le bobinage textile : mise en forme du fil

Le bobinage est l’opération qui consiste à enrouler un fil textile sur un support — bobine, cône, cop ou fuseau — en vue de son utilisation ultérieure en tissage, tricotage ou confection. Loin d’être un simple transfert mécanique, le bobinage est une étape technique qui détermine la tension du fil, sa régularité et son aptitude aux traitements suivants. Un fil mal bobiné — trop serré, trop lâche ou irrégulier — provoque des arrêts machine et des défauts dans le produit fini.

Les différents types de bobinage

Le bobinage croisé

Le bobinage croisé dépose le fil en spirales croisées sur une bobine cylindrique ou conique. Chaque couche se croise avec la précédente selon un angle de 15 à 30°, formant un treillis régulier. Ce mode de bobinage permet un dévidage fluide par le dessus (défilé axial), indispensable pour les machines à tricoter et les métiers à tisser modernes. La densité de bobinage varie de 0,3 à 0,6 g/cm³ selon la fibre et l’usage.

Le bobinage parallèle

Dans le bobinage parallèle, les spires se déposent côte à côte sur le support. C’est le mode utilisé pour les fils à coudre et les canettes de machines à coudre. Le dévidage se fait tangentiellement (le support tourne), ce qui garantit une tension constante. Les cops de trame, utilisés dans les métiers à navette, sont bobinés en parallèle sur des fusettes coniques.

Le cannetage

Le cannetage est un bobinage spécifique qui consiste à enrouler le fil de trame sur des canettes (petits tubes) destinées à être insérées dans la navette du métier à tisser. Les canettes, en bois, en carton ou en plastique, mesurent 10 à 20 cm et contiennent 10 à 50 grammes de fil. Le cannetage doit être parfaitement régulier pour assurer un dévidage sans à-coups dans la navette en mouvement. Un cannetage défectueux provoque des « coups de trame » (irrégularités visibles dans le tissu).

Machines et contrôle qualité

Les bobinoirs modernes intègrent des capteurs de tension, des épurateurs (détecteurs de défauts) et des noueuses automatiques. L’épurateur coupe le fil dès qu’il détecte un nep (amas de fibres), un point mince ou un point gros, puis la noueuse raccorde les deux brins. Un bobinoir de 60 broches traite 500 à 1 500 mètres par minute et par broche. Le taux de nœuds acceptable est de 1 à 3 par 100 000 mètres pour un fil de qualité standard.

Le paraffinage, appliqué pendant le bobinage, réduit le coefficient de frottement du fil de 0,3 à 0,1, facilitant son passage dans les guides et les aiguilles. La quantité de paraffine déposée est de 0,5 à 2 % du poids du fil. Les bobinoirs sont équipés de galets paraffineurs qui appliquent une couche uniforme à chaque passage du fil.

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