Le coton : histoire, culture et fabrication de la fibre textile
Le coton : de la plante à la fibre textile
Le coton est la fibre textile la plus produite au monde, avec environ 25 millions de tonnes par an. Issu du duvet qui entoure les graines du cotonnier (genre Gossypium), il habille l’humanité depuis 7 000 ans. L’Inde, la Chine, les États-Unis, le Brésil et le Pakistan sont les cinq premiers producteurs mondiaux. Le coton représente 27 % de la production textile totale et entre dans la fabrication de produits aussi variés que les jeans, les draps, les compresses médicales et les billets de banque.
Histoire du coton
Les plus anciennes traces de coton cultivé remontent à 5000 avant J.-C. dans la vallée de l’Indus (Pakistan actuel). L’Inde domina le commerce du coton pendant des millénaires, exportant des mousselines et des indiennes vers le monde entier. L’Europe ne découvrit vraiment le coton qu’au Moyen Âge, via les marchands arabes. Le mot « coton » vient d’ailleurs de l’arabe quṭn.
La révolution industrielle transforma radicalement la filière. L’égreneuse de Whitney (1793) mécanisa la séparation des fibres et des graines, multipliant la productivité par 50. Les filatures anglaises de Manchester, alimentées par le coton des plantations américaines, firent de l’Angleterre la première puissance textile mondiale. En France, les filatures s’installèrent dans les Vosges, en Normandie et en Alsace dès le XVIIIe siècle.
Culture et récolte
Le cotonnier est une plante tropicale qui nécessite 150 à 180 jours de chaleur (minimum 15 °C), 500 à 1 200 mm d’eau et un sol bien drainé. La fleur, après pollinisation, forme une capsule qui s’ouvre à maturité pour révéler le coton. La récolte peut être manuelle (Inde, Afrique) ou mécanique (États-Unis, Australie). Une récolteuse mécanique traite 1 à 2 hectares par heure, remplaçant le travail de 100 cueilleurs.
Un hectare de coton produit en moyenne 700 kg de fibre (lint) et 1 400 kg de graines. Les graines sont pressées pour extraire l’huile de coton (utilisée en cuisine et en industrie) et le tourteau sert à l’alimentation animale. Le rendement varie considérablement : de 300 kg/ha en Afrique subsaharienne à 2 000 kg/ha en Australie avec irrigation.
Classification et qualité
La qualité du coton se mesure selon trois critères principaux : la longueur de fibre (staple), la finesse (micronaire) et la résistance (ténacité). Le coton à fibre extra-longue (ELS), comme le Pima américain ou l’Égyptien Giza, dépasse 35 mm de longueur et produit les fils les plus fins et les plus lumineux. Le coton à fibre moyenne (25-30 mm) constitue le gros du marché. Le coton court (moins de 25 mm), souvent issu de variétés OGM à haut rendement, sert aux produits d’entrée de gamme.
Enjeux environnementaux
La culture du coton conventionnel consomme 10 000 litres d’eau par kilogramme de fibre et utilise 16 % des insecticides mondiaux. La mer d’Aral, asséchée par l’irrigation cotonnière en Ouzbékistan, est devenue le symbole des dérives de cette culture. Le coton biologique, cultivé sans pesticides de synthèse ni OGM, représente une alternative en croissance : 350 000 tonnes en 2023, soit 1,4 % de la production mondiale. L’Inde produit 50 % du coton bio mondial, suivie de la Turquie et de la Chine.
