Le dévidage textile : technique de préparation du fil de soie et laine
Le dévidage textile : première étape de la préparation du fil
Le dévidage est l’opération qui consiste à dérouler un fil depuis un support (écheveau, cocon, bobine) pour le transférer sur un autre support mieux adapté aux opérations suivantes. C’est une étape préparatoire essentielle, souvent méconnue, qui conditionne la qualité de tout le processus textile en aval. Un dévidage mal réalisé provoque des nœuds, des casses et des irrégularités dans le fil, qui se retrouveront dans le tissu fini.
Le dévidage de la soie grège
Le dévidage de la soie est l’opération la plus délicate de la filière séricicole. Les cocons, préalablement étouffés (la chrysalide est tuée par la chaleur pour éviter qu’elle ne perce le cocon), sont plongés dans un bassin d’eau chaude à 80-90 °C. La séricine, colle naturelle qui lie les fils du cocon, se ramollit et permet de trouver l’extrémité du fil. La dévideuse saisit ce fil, d’un diamètre de 10 à 12 microns, et le combine avec ceux de 4 à 8 autres cocons pour former un fil de soie grège de 20 à 25 deniers.
Le dévidage s’effectue sur des bassines, machines où les cocons flottent dans l’eau chaude tandis que les fils convergent vers un guide qui les enroule sur un dévidoir. La dévideuse surveille en permanence la régularité du fil, rattache les brins qui cassent et remplace les cocons épuisés. Un kilogramme de soie grège nécessite 5 000 à 8 000 cocons et environ 8 heures de travail sur une bassine manuelle. Les bassines automatiques modernes, utilisées en Chine, produisent 3 à 5 kg par jour.
Le dévidage des fibres industrielles
Dans l’industrie textile contemporaine, le dévidage concerne principalement le transfert de fil d’un format à un autre. Les écheveaux de laine teinte sont dévidés sur des cônes pour alimenter les machines à tricoter. Les bobines de filature sont transférées sur des rochetsd’ourdissage. Les fils synthétiques, livrés sur des bobines industrielles de 5 à 15 kg, sont parfois redévidés en formats plus petits pour les ateliers artisanaux.
Machines et techniques de dévidage
Le dévidoir le plus simple est le swift (ou tournette), cadre extensible en bois ou en métal qui maintient l’écheveau ouvert pendant qu’on en tire le fil. Les dévidoirs industriels fonctionnent à des vitesses de 200 à 1 000 mètres par minute, avec des capteurs de tension qui ajustent automatiquement la vitesse pour éviter les casses. Les machines à double dévidage permettent de traiter deux bobines simultanément, doublant la productivité.
Le paraffinage, application d’une fine couche de paraffine sur le fil pendant le dévidage, réduit le frottement et facilite le passage dans les guides et les aiguilles des machines à tricoter. Cette opération, invisible dans le produit fini (la paraffine se dissout au lavage), réduit les casses de fil de 60 à 80 % pendant le tricotage.
