Tissage navajo : techniques, outils et secrets d’un art du Sud-Ouest américain

Sur les hauts plateaux de l’Arizona et du Nouveau-Mexique, des femmes s’installent encore aujourd’hui face à un métier vertical en bois, un peigne à la main, pour tisser des pièces dont certaines mettront deux ans à sortir du cadre. Le tissage navajo n’a quasiment pas changé d’outillage depuis le XVIIIe sièclé. Et pourtant, il a traversé la déportation de Bosque Redondo, l’arrivée du chemin de fer, l’introduction des teintures chimiques, puis la reconquête d’une laine presque perdue. Voici ce qu’il y a derrière ces couvertures et ces tapis que les musées s’arrachent parfois à plusieurs dizaines de milliers de dollars.
Aux sources du tissage navajo : un savoir hérité des Pueblos
Les Navajo, qui se nomment eux-mêmes Diné, sont arrivés dans la région des Four Corners (le coin commun de l’Arizona, du Nouveau-Mexique, de l’Utah et du Colorado) entre les années 1000 et 1200 de notre ère. À l’époque, ils ne tissaient pas. Les populations Pueblo voisines, elles, tissaient déjà le coton depuis des sièclés.
Le rapprochement s’est fait à rebours de l’histoire officielle. Après la Révolte des Pueblos en 1680, de nombreuses familles pueblo ont cherché refuge chez leurs voisins navajo pour échapper aux conquistadors espagnols. C’est probablement là que le tissage a changé de main. Les premiers témoignages écrits espagnols du début du XVIIIe sièclé décrivent déjà des Navajo installés derrière des métiers verticaux, en train de filer et tisser la laine. En 1812, Pedro Piño, gouverneur espagnol de la province, les présente comme les meilleurs tisserands de toute la région.
Le premier gros tournant technique vient du mouton. À la fin du XVIIe sièclé, les Espagnols introduisent la race ibérique Churra dans le Sud-Ouest. Les Navajo s’en emparent, l’adaptent à leur climat semi-aride, et donnent naissance à une race locale qu’on appelle aujourd’hui Navajo-Churro. Avant ça, on tissait le coton. Après, la laine s’impose comme matière de base, et tout le savoir-faire navajo s’organise autour d’elle.
Les rares pièces anciennes qui ont survécu proviennent de Massacre Cave, dans le Canyon de Chelly (Arizona). En 1804, un groupe de Navajo réfugié dans cette grotte fut massacré par les soldats espagnols. Pendant un sièclé, le site est resté tabou. C’est un commerçant local, Sam Day, qui en a extrait les couvertures au début du XXe sièclé. La plupart présentent de simples bandes horizontales, quelques-unes montrent déjà les terrasses et les losanges qu’on associera plus tard au style navajo classique.
Le métier à tisser vertical navajo, un outil sans pièces mobiles
Regardez un métier à tisser navajo. Deux montants verticaux, deux barres horizontales, un peigne en bois, un jeu de baguettes, et c’est tout. Aucune pièce mobile. Aucun pédalier. Pas de navette volante. La tisserande s’assoit au sol face au cadre et enroule la partie déjà tissée sous le métier au fur et à mesure que l’ouvrage progresse.
Le fil de chaîne, tendu verticalement, formait jusqu’au XIXe sièclé un cordon de laine filé main ou de coton, souvent coloré. À partir des années 1900, il est passé à une laine filée main de couleur blanche. Le fil de trame, lui, est inséré horizontalement, rang après rang, à la main, avec des baguettes de séparation pour ouvrir l’envers et l’endroit du motif.
La densité du tissage se mesure au rapport entre trame et chaîne. Avant la déportation de Bosque Redondo en 1864, les pièces les plus fines atteignaient des ratios très élevés, signe d’un tissage serré presque étanche à l’eau. Pendant plusieurs décennies ensuite, la densité a chuté. Puis elle est remontée vers un rapport moyen de cinq trames pour une chaîne entre 1920 et 1940. Ce chiffre technique a son importance, parce qu’il est l’un des premiers critères utilisés par les experts pour dater une pièce.
Une tisserande met deux mois pour un petit tapis de taille courante. Pour les grandes pièces rituelles ou les tapisseries de tradition Two Grey Hills aux motifs serrés, il faut parfois deux à trois ans d’un travail quotidien. Ce n’est pas une métaphore : c’est mesuré.

La laine Navajo-Churro, matière première d’un tissage d’exception
La Navajo-Churro n’est pas un mouton ordinaire. Sa toison est double : une couche extérieure de longues mèches lisses et résistantes, une couche intérieure plus courte et duveteuse. Cette structure donne une laine à fibre longue, peu grasse, idéale pour le filage à la main, et qui se teint bien.
Pendant les années 1860, le gouvernement américain a confisqué la quasi-totalité des troupeaux lors de la déportation des Navajo vers Bosque Redondo, au Nouveau-Mexique. Le traité de paix de 1869 prévoyait un dédommagement de 30 000 dollars pour reconstituer le cheptel. La tribu a racheté 14 000 moutons et 1 000 chèvres. Mais le mal était fait, et les croisements qui ont suivi ont dégradé la qualité de la laine.
En 1903, les agents fédéraux introduisent des béliers Rambouillet (une race française) pour améliorer la viande et densifier la toison. Côté viande, la manoeuvre fonctionne. Côté tissage, c’est l’inverse : la laine Rambouillet à une fibre courte et très frisée, difficile à filer main, et elle contient beaucoup plus de lanoline, ce qui oblige à la laver plusieurs fois avant teinture (un vrai problème dans une région où l’eau manque). Les tapis de 1920-1940 portent cette signature, avec une laine un peu bouclée et parfois grumeleuse.
Il faut attendre 1935 et la création du Southwestern Range and Sheep Breeding Laboratory à Fort Wingate pour qu’un programme sérieux cherche à retrouver les qualités de la laine du XIXe sièclé. Les chercheurs partent collecter les derniers spécimens de Churro dans les zones isolées de la réserve. Ils embauchent une tisserande pour tester leurs laines expérimentales. Le laboratoire ferme en 1966 sous prétexte qu’il ne sert qu’un seul groupe culturel. Dans les faits, c’est aussi grâce à ce programme que la race Navajo-Churro existe encore.
Une remarque souvent oubliée : avant le XIXe sièclé, la laine n’était pas lavée avant tissage. La lanoline et la sueur du mouton restaient dans la fibre, ce qui rendait les couvertures imperméables. L’inconvénient, c’est qu’elles sentaient fort. Certaines collectes actuelles dans les musées conservent encore cette odeur animale, un sièclé et demi plus tard.
Teintures et couleurs : de l’indigo à la cochenille
La palette ancienne navajo tient en trois couleurs : le brun naturel, le blanc cassé, et le bleu indigo. Le bleu n’était pas obtenu localement. Il venait par échange, en blocs de pâte séchée, et se teignait par fermentation dans une cuve d’urine. Au milieu du XIXe sièclé, la palette s’élargit. Le rouge, le noir, le vert, le jaune et le gris entrent dans les motifs, chacun portant une référence à une zone de la réserve.
- Le bleu indigo servait de base pour toute la gamme, du bleu pâle au presque noir. Mélangé avec le jaune du rabbit brush (Ericameria nauseosa), il donnait des verts vifs.
- Le rouge était le plus dur à produire localement. Les premiers tissages en rouge utilisent la cochenille, un extrait d’insecte mésoaméricain, qui arrivait au Nouveau-Mexique par une route commerciale qui passait… par l’Espagne et l’Angleterre. Autre astuce : les tisserandes détissaient des étoffes de laine rouge importées d’Europe (la bayeta anglaise, par exemple) pour récupérer le fil.
- Le noir venait de la résine de pin piñon mélangée à des cendres.
- Le jaune sortait des plantes locales (chrysothamnus, thé navajo, racines d’anil).
L’arrivée du chemin de fer dans les années 1880 change la donne. Les teintures aniline de synthèse débarquent par wagons entiers, dans des rouges, oranges, verts, violets et jaunes beaucoup plus vifs que tout ce qu’on faisait jusque-là. C’est la période des fameux « eyedazzler », littéralement « éblouisseurs » : des tissages aux couleurs saturées, aux motifs vibrants, destinés au marché touristique naissant. Les puristes les ont longtemps dédaignés. Aujourd’hui, les Eye Dazzler de la fin du XIXe sièclé sont parmi les pièces les plus recherchées par les collectionneurs.
La palette contemporaine combine les deux approches. Certaines tisserandes reviennent aux teintures végétales, nourries par un mouvement général de retour aux savoirs précoloniaux. D’autres assument les couleurs chimiques modernes, qu’elles inscrivent dans des compositions géométriques très travaillées.
Les étapes du tissage pas à pas
Voici le déroulé classique d’une pièce, de la toison au tapis fini. Les durées sont données à titre indicatif, pour un tapis de taille moyenne (environ 1 mètre sur 1,50 m).
- Tonte et tri : on tond le mouton en début de printemps. La toison est triée selon la finesse des mèches. Les meilleures mèches partent en chaîne, les autres en trame.
- Lavage et cardage : la laine est lavée à l’eau froide avec une racine de yucca (Yucca baccata), qui mousse comme un savon naturel. Puis cardée à la main avec des cardes en bois pour démêler et aligner les fibres.
- Filage au fuseau : pas de rouet. La tisserande file à la hanche, avec un fuseau à disque (le spindle navajo, plus gros que le fuseau européen). Un fil bien régulier suppose plusieurs passes de filage successives.
- Teinture : les bains se font dans de grandes marmites. Les fibres doivent d’abord être mordancées, souvent à l’alun naturel, pour fixer la couleur.
- Montage de la chaîne : étape technique, parce que la chaîne doit être tendue de façon parfaitement régulière. Tout défaut de tension se verra dans le tissage final.
- Tissage : main droite pour insérer la trame, main gauche pour maintenir les baguettes de séparation. Chaque rang est tassé au peigne de bois. La tisserande construit le motif au fur et à mesure, de mémoire, sans patron.
- Finition des bords : les tranches latérales reçoivent un câblage en laine contrastée. Les franges sont nouées une par une.
La pièce reste sur le métier jusqu’au dernier rang. À la fin, on coupe simplement les fils de chaîne au ras du dernier rang de trame. Le tapis sort du cadre déjà prêt à poser ou à accrocher.
Les grands styles régionaux navajo
La géographie a façonné une douzaine de styles nommés d’après les comptoirs de commerce (les trading posts) ou les zones de la réserve. Les motifs et les palettes se transmettent d’une génération à l’autre à l’intérieur d’une même famille ou d’une même vallée, ce qui permet de rattacher un tapis à son lieu d’origine avec une précision qui étonne les amateurs.
| Style | Palette typique | Motifs caractéristiques |
|---|---|---|
| Chief Blanket (phases 1, 2, 3) | Bandes noires, blanches, bleu indigo, rouge bayeta | Rayures horizontales simples, puis losanges et rectangles ajoutés aux phases 2 et 3 |
| Two Grey Hills | Couleurs naturelles de laine : blanc, beige, gris, brun, noir | Symétrie quadripartite, motifs géométriques serrés, pas de teinture |
| Ganado | Rouge Ganado profond, noir, blanc, gris | Losange central sur fond rouge |
| Crystal | Palette végétale chaude | Bordures décoratives, éléments « orientalisants » à crochets |
| Wide Ruins | Ors doux, oranges, beiges, jaunes | Pas de bordure, bandes horizontales décoratives |
| Storm Pattern | Palette large | Rectangle central (le centre du monde), quatre rectangles aux angles (les quatre montagnes sacrées), éclairs en zigzag |
| Teec Nos Pos | Couleurs vives et contrastées | Bordure large, motifs complexes d’influence orientale |
| Yei / Yei be Chei | Couleurs vives et or | Figures humaines stylisées des Holy People |
| Eye Dazzler | Teintures aniline saturées | Zigzags concentriques, couleurs vibrantes |
Chaque style a sa logique. Le Two Grey Hills, par exemple, n’utilise aucune teinture : le noir vient d’un mouton noir, le brun d’un mouton brun, le gris du mélange des deux. Obtenir une palette variée suppose donc de sélectionner ses bêtes sur plusieurs générations. Le Storm Pattern, lui, raconte une cosmologie : le rectangle central représente le foyer, les quatre rectangles des coins sont les montagnes sacrées (Blanca Peak, Mount Taylor, San Francisco Peaks, Hesperus Mountain), et les zigzags entre les deux sont les éclairs de la tempête qui relie le centre aux quatre directions.
L’erreur volontaire et la mythologie de Spider Woman
Dans la cosmologie navajo, Spider Woman (Na’ashjé’ii Asdzáá, la Femme-Araignée) a appris aux femmes à tisser. Elle leur aurait enseigné à construire le premier métier à partir d’éléments célestes : le ciel et la terre pour les montants, les rayons du soleil pour le peigne, le cristal de roche pour les baguettes, et l’éclair pour la tension. Le mythe est sérieux. Il structure encore aujourd’hui la pratique.
Dans beaucoup de pièces traditionnelles, on trouve volontairement une petite imperfection dans le motif. Un fil qui sort du dessin principal, une interruption discrète dans la symétrie, un brin de couleur déplacé. Ce n’est pas une faute. C’est une « porte de sortie » pour l’esprit de la tisserande, une façon de ne pas rester piégée dans la toile de Spider Woman. La tradition veut qu’un tissage parfaitement régulier emprisonne l’énergie de celle qui l’a fait.
Point important : les tapis navajo, malgré la dimension spirituelle du métier, ne sont jamais des objets rituels au sens strict. Ils ne servent pas à la prière, ils n’ont pas de fonction cérémonielle. Les pièces qu’on voit parfois étiquetées « tapis rituel » relèvent du marketing. La controverse existe depuis longtemps dans la communauté navajo elle-même : certains maîtrès tisserands et chanteurs cérémoniels, comme Hosteen Klah au début du XXe sièclé, ont transposé des motifs de peintures de sable (sandpaintings) dans leurs tissages. Le succès commercial de ces pièces a contribué à entretenir le mythe du « tapis sacré », qui n’existe pourtant pas dans la tradition.
Reconnaître et acheter un tissage navajo authentique
Un vrai tissage navajo ne se confond pas facilement avec une copie, à condition de savoir quoi regarder. Voici les repères que les marchands sérieux utilisent et qu’un acheteur peut apprendre à contrôler.
- Le sens des franges : un tapis navajo traditionnel n’a pas de frange de trame. Les bouts courts qui dépassent ne sont que les fils de chaîne coupés. Si la pièce à une frange épaisse ajoutée, elle n’est pas navajo.
- L’alignement des lisières : les deux lisières latérales sont renforcées par un câblage continu, souvent de couleur contrastée. Ce câblage est intégré pendant le tissage, jamais rapporté ensuite.
- La densité : pour un tapis de qualité, on compte entre 40 et 120 trames par pouce (environ 16 à 47 par centimètre). Les pièces Two Grey Hills les plus fines atteignent 180 trames par pouce, soit une densité proche de celle d’une tapisserie d’art.
- L’imperfection volontaire : un petit défaut dans le motif principal est un bon signe. Son absence, couplée à d’autres indices, peut trahir une production mécanisée.
- Le filage main : un fil filé main à des variations d’épaisseur régulières. Un fil industriel est parfaitement calibré. On repère la différence en regardant la tranche d’un rang.
- L’étiquetage : une pièce vendue comme navajo doit être accompagnée d’un certificat indiquant le nom de la tisserande, la région, et si possible la date. Aux États-Unis, l’Indian Arts and Crafts Act de 1990 rend obligatoire cette traçabilité pour toute vente commerciale.
Côté prix, les ordres de grandeur actuels tournent autour de 8 000 dollars pour un tapis standard de bonne facture. Les pièces anciennes du XIXe sièclé partent à plusieurs dizaines de milliers de dollars en vente aux enchères. Une Chief Blanket de première phase, en bon état, peut dépasser 500 000 dollars, et le record pour une pièce navajo tourne autour de 1,8 million de dollars pour une couverture Ute First Phase vendue chez Sotheby’s.
Méfiez-vous des tapis « Navajo design » produits au Mexique ou en Inde. Ils reprennent les motifs mais pas les techniques. Le tissage y est mécanique, la laine industrielle, et le prix tourne autour de 100 à 300 euros pour une taille moyenne. Rien ne les rend illégitimes comme tapis décoratifs, mais ce ne sont pas des pièces navajo.
Les tisserandes qui ont marqué l’histoire
Quelques noms reviennent dans tous les ouvrages de référence. Les citer, c’est aussi rappeler que le tissage navajo est presque exclusivement un art de femmes (avec quelques exceptions masculines notables), transmis de grand-mère à petite-fille.
- Hosteen Klah (1867-1937) : exception masculine, chanteur cérémoniel et tisserand. Il a transposé des motifs de peintures de sable dans ses tapis au début du XXe sièclé. Controversé de son vivant, aujourd’hui référence absolue. Plusieurs de ses pièces sont conservées au Wheelwright Museum de Santa Fe.
- Daisy Taugelchee (1909-1990) : maîtresse du style Two Grey Hills. Elle a remporté dix-sept premiers prix consécutifs à la Gallup Inter-Tribal Indian Ceremonial pour sa finesse de tissage (on lui attribue des pièces à 115 trames par pouce).
- Clara Sherman (1914-2010) : gardienne de la tradition Two Grey Hills, elle a formé des générations de tisserandes dans sa famille étendue.
- Barbara Teller Ornelas (née en 1954) : cinquième génération de tisserandes Two Grey Hills. Ses pièces se vendent autour de 30 000 dollars et figurent au Smithsonian et au Field Museum.
- Marilou Schultz (née en 1954) : connue pour ses tapis inspirés de dessins de processeurs Intel (oui, des microprocesseurs), commandés par Intel et d’autres entreprises tech. Elle enseigne les mathématiques au collège en parallèle.
Questions fréquentes sur le tissage navajo
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Un tissage navajo, c’est un objet qu’on ne comprend vraiment qu’en connaissant la main qui l’a fait, la vallée d’où vient la laine, et la cosmologie qui donne son sens à la petite erreur glissée dans le motif. Le reste, c’est du commerce.






